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Dans une nouvelle ère

Quand la frontière poreuse entre réel et virtuel s’amoindrit et se dilue, bon nombre d’activités changent de paradigmes. Notre époque voit apparaitre des changements profonds et exponentiels. Les technologies, les sciences et les arts se croisent, c’est le monde de l’homme et de la machine qui s’enchevêtrent. Notre perception du temps et de l’espace changent ; aujourd’hui l’être humain est soumis au temps mondial du marché, posant un nombre important de questions sur les algorithmes et l’autonomie des machines.

Quels changements cette singularité implique ? Quelle est la place du numérique dans notre monde, dans la réalité sociale, dans la réalité des gens ? Quelle est la place de l’humain dans cette nouvelle ère ? Quelles sont les conséquences sur l’art, sur la vie, sur l’existence même ? L’économie, les échanges financiers, les échanges amoureux, l’« art de la guerre » ? Nous pourrions égrener une longue liste. Par exemple les drones armés, la cyber mondialisation, les femmes virtuelles tant appréciés des Nippons. Le voyage immobile sur « Google Earth » ou encore « NASA’s Eyes »… Autant de phénomènes que le XXIe siècle voit naitre.

L’une des nombreuses questions posés par l’ère post-industrielle; c’est la question de la récupération des données privées et des métadonnées, leur traitement, que l’usage soit marketing, économique, statistique ou de contrôle étatique. La question est d’autant plus complexe qu’elle est vaste et dépasse les seules « frontières » du web, pour s’étendre aux cartes bancaires, cartes de fidélités, dossiers à remplir et autres justificatifs si appréciés des institutions, enracinés profondément dans l’immobilisme, chronophages et boulimiques de données. Il est possible de contourner une grande partie de ces captures dévorants les identités et les vies, mais souvent au prix d’un signalement comme individu suspect voir criminel.

Il semblerait qu’un phénomène devient problématique lorsqu’un décalage entre notre époque, les autorités et les institutions s’installe. La « révolution numérique » reste obscure pour beaucoup, bloqués dans des schémas propres au XIX ou XXe siècle ; alors dans une ère post-industrielle qui a déjà dépassé la « révolution numérique », autorités et institutions se montrent particulièrement en retard et non-adaptées à la situation actuelle. En découle sans surprise un nombre important de problèmes dans les sphères sociales.