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La place des éléments dans le Grand Tout

Le transmédia est un bon indicateur du retard occidental sur l’avenir et l’avance du Japon dans le domaine transmédiatique. Avec des franchises telles que Final Fantasy et d’autres, le Japon a démontré sa capacité à intégrer la notion de transmedia.
L’une des raisons pour laquelle le Japon est en avance, est probablement l’héritage shintoïste et la faculté d’entendement à percevoir les éléments dans le Tout unifié. La culture japonaise expérimentait déjà dans les années 60 les flux, l’interdépendance et la porosité entre les médias.

On peut faire l’analogie avec la révolution que nous vivons actuellement, avec Internet, la digitalisation du monde, la porosité croissante des frontières et l’ubiquité. Si nous sommes en retard ce n’est pas un hasard, l’évidente obsolescence du modèle hiérarchique et rigide est l’héritage du christianisme et de l’idéologie capitaliste. Modèle à bout de souffle depuis bien des années maintenant. Outre l’obstination des dirigeants à s’accrocher aux vielles pierres de l’édifice, collant et accumulant les rustines sur un pneu crevé de part en part, un exemple récent est l’acharnement de certains à anéantir la neutralité d’Internet, ignorant son essence collaborative et ses réseaux en étoile incompatibles avec l’ancien modèle.

Le modèle relativement récent des transmédias ne hiérarchise pas les médias, que l’on peut rapprocher du réseau en étoile d’Internet, de son modèle collaboratif et neutre. S’obstiner dans l’hyper libéralisation dont le principe repose en partie sur la compétition (l’exclusion), c’est refuser de voir que le monde change, qu’il a déjà commencé à changer, que nous ne sommes plus au 18e mais au 21e siècle… Le logiciel des dirigeants et d’une partie de la population est dépassée, un retard qui se manifeste dans les nombreuses crises et problèmes actuels dans l’ensemble des sphères de la civilisation.
L’avenir n’est pas dans un conservatisme frileux, mais bien dans une société collaborative et d’inter-connexions dans tous les autres domaines de la civilisation. La fin de la rigidité hiérarchique, par essence élitiste, excluant et inégalitaire.

Il existe de nombreuses alternatives crédibles au modèle actuel et qui font suite à la notion de transmedia ; on peut mentionner la « 3e révolution industrielle », défendue entre autres par Jeremy Rifkin. Il s’agit d’étendre la révolution dite « numérique » au domaine de l’énergie par exemple, mais également à tous les autres domaines. Société, travail, politique… Chaque foyer serait producteur d’énergie et diffuseur (excédents, etc.), formant un réseau en étoile considérablement plus efficace. Une autre alternative pouvant s’inscrire dans cette révolution est un Revenu de base inconditionnel, participant à changer notre rapport au travail et la société elle-même ; changement de plus en plus nécessaire ne serait-ce qu’avec l’automatisation croissante et le développement du numérique.
C’est enfin d’une grande importance pour mettre en place une société collaborative, passant par l’émancipation des citoyens et la fin d’une société de compétition et méritocratique, amenée à exclure de plus en plus. Aujourd’hui, devant l’effondrement de l’occident et sa forme archaïque, devant le bouleversement climatique global, nous n’avons plus le luxe de nous accrocher aux ruines des idéologies passées.

Nous évoluons dans un environnement dynamique, la création entière est dynamique, en mouvement, en perpétuel renouvèlement et rafraichissement. Ce qui reste immobile est comme l’eau stagnante qui pourrie dans ses frontières. Ce qui vaut à l’échelle d’un univers ou d’une biosphère, est valable à l’échelle des civilisations et de leurs modes de vie, à l’échelle d’un groupe ou d’un individu.
« Quod est inferius, est sicut quod est superius. Et quod est supius est sicut quod est inferius ad perpetrada miracula rei unius » – « Ce qui est en bas, est comme ce qui est en haut : ce qui est en haut, est comme ce qui est en bas, pour faire les miracles d’une seule chose ».


Voir aussi :
BiTS – Transmedia (Youtube)
Jeremy Rifkin
Comment travaillerons-nous demain ?
Revenu de base