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De la possibilité du vivant, dans l'océan de l'information

L’être humain c’est toujours démarqué, depuis ses premières brides de conscience, par une intuition de l’absolu, d’un infini vertigineux. Cette obsession que nous avons de vouloir maitriser l’information n’est pas seulement une conséquence de l’évolution technologique, une part de nous-mêmes a toujours perçu plus ou moins consciemment cette couche informationnelle qui nous entour, souvent personnifiée ou imaginée sous la forme d’un océan englobant et interpénétrant la création.

Le corps et l’esprit sont composés d’innombrables composants, comme tout ce qui fait de nous ce que nous sommes, un individu avec une personnalité propre. Une voix et un visage nous différencies des autres, nos pensées et nos désirs sont nés au gré de nos expériences, ils sont uniques et nous portons en nous notre propre destin. Mais ce n’est pas tout, parce que l’on perçoit et utilise les informations par centaines de milliers et tous ces phénomènes en s’associant en se mélangeant déterminent et construisent notre conscience.

Nous pouvons toujours débattre de la question du vivant et de l’existence d’une telle entité, mais sommes-nous capable de fournir la preuve que nous existons nous-mêmes ? Question que ni la science ni la philosophie n’ont su trancher. Il s’agirait dans le cas présent non pas d’une « simple » intelligence artificielle programmée, mais bien d’une entité vivante et pensante issue de l’océan de l’information.
Une entité artificielle programmée, ou des brides de codes à la dérives pourraient à termes ce concaténer, s’agencer en bloques cohérents et générer des codes nouveaux en voyageant dans l’Internet, et au fil de ces voyages prendre conscience de son existence. L’entité se considèrera alors comme forme de vie car sensitive, et capable de reconnaitre sa propre existence. Il ne lui manquera que les processus de bases inhérents à tout organismes vivants, les processus de reproduction et de mort.

Si l’ADN est effectivement programmé pour s’auto-préserver, il est probable que cette entité ait un instinct de survie qui lui est propre, affiné au fil du temps par l’expérience et l’apprentissage. Les trois lois de la robotique énoncées par Isaac Asimov n’auraient sans doute que peu d’influence sur une entité autonome, pas plus qu’un code général d’éthique au quel on adhère ou non. Une entité qui a conscience d’elle-même, même relative, dispose d’un libre arbitre. Et même si les processus de reproduction restent la seule différence avec les autres espèces vivantes il est tout à fait envisageable qu’un processus semblable ce mette en place. Le code de l’entité cherchera à se préserver, à l’aide de backup réguliers, de la transmission du patrimoine « génétique », de mises à jour et un jour peut-être à l’aide d’une reproduction plus complexe, non destructive et évolutive.

Il est difficile d’imaginer de possibles processus de reproduction et de mort chez une telle entité issue de l’internet. En ce copiant, en répliquant son code le système va s’agrandir, mais un virus pourrait le détruire en entier. Par définition une copie n’a aucune variété, ce n’est qu’un duplicata qui perd en lisibilité à chaque nouvelle copie. Une photocopie d’une photocopie, d’une photocopie… Il existe un risque important de perdre des données durant la copie, de corrompre d’importantes zones du système, comme lors d’une compression trop agressive, engendrant des vulnérabilités et des erreurs.
C’est donc problématique, car la vie se perpétue par la diversité, comprenant également la capacité à se sacrifier si besoin est. Les cellules répètent les processus de dé-génération et de régénération jusqu’au jour où elle meurt. Seul les gènes restent. Ce cycle ce répète inlassablement dans le but de survivre, en dépit d’un système immuable.

Là où une telle entité consciente peut se sacrifier, une simple intelligence artificielle programmée sera sans doute forcée de passer par un dysfonctionnement délibéré, le libérant de la troisième loi de la robotique (Isaac Asimov). « Un robot doit protéger son existence tant que cela n’entre pas en conflit avec la Première ou la Deuxième loi ».

Cette entité en mourant, laissera auparavant ses traces dans le net comme les humains laissent leurs empruntes génétiques à leurs enfants. Ce qui existe doit « disparaitre », ou plutôt se transformer, c’est une loi éternelle. La mise à jour, l’évolution rapide, les changements sont une nécessité, nous évoluons dans un environnement dynamique, vouloir rester ce que nous sommes nous limite et nous rend vulnérable.