Dé-coll/age


Décollages et vidéos lacérées

Je revisite ici la notion de "Dé-coll/age" inventé par Vostell, figure importante du Fluxus, et avant ça, récupéré chez les affiches lacérées des Nouveaux Réalistes... "Hommage" à Vostell, mais avant tout un clin d’œil à l’histoire de la vidéo, à notre propre Histoire et à ce que fut la vidéo à l’époque… Si le passé resurgit, c’est pour mieux en souligner l’actualité.
Reflet de l’agitation de notre époque, rappelant que la vie et la conscience sont déchirées, pas seulement l'affiche - Vostell.

Détournement des imageries publiques, interventions à partir de l’actualité, commentaire de l’état du monde. Je procède par "dé-coll/age" à partir de ce que me propose le présent. Les images brouillées des vidéos laissent apparaître des avions, quelque part modèles de modernité, des fantômes d’hommes politiques, des spectres de soldats morts, et images publicitaires… La bande son ,elle, est tirée d’une vidéo de l’armée américaine récupérée par Wikileaks, "Collateral Murder", ainsi qu’une pièce sonore réalisée par moi-même pour l’occasion (bruits de TV parasites, obtenus par diverses manipulations avec l’antenne, un aimant...).

L’art équivaut à la vie – la vie équivaut à l’art - Il s’agit de retranscrire le monde qui nous entoure, avec ses travers et ses conflits. La saga de l’humanité trouve ici une expression plastique acerbe, symptomatique du chaos du XXe et XXIe siècle, instable, en plein bouleversement.

Kaléidoscope d’électrochocs permanents, l’œil et l’oreille ne peuvent jamais se poser sur rien de stable. Des fragments, une image, quelques notes s’échappent du déferlement et se suspendent le temps d’un mirage à notre attention ; hors du déluge dans lequel ils sont pris, ils persistent un moment dans le vide puis s’évanouissent.